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JOHN Maxwell COETZEE
(Le
Cap,1940). John Maxwell Coetzee est issu d’une longue lignée de colons
afrikaners. Études supérieures en Angleterre où il reçoit une formation
poussée en linguistique et en informatique. Il y travaille un temps comme
programmeur pour I.B.M. puis poursuit des études d’anglais à l’université
du Texas à Austen. En 1968, il termine un doctorat, intitulé The English
Fiction of Samuel Beckett : An Essay in Stylistic Analysis et, pendant deux
ans, enseigne à l’université de Buffalo. Obligé de partir des États-Unis au
début des années soixante-dix, à cause de sa participation aux
manifestations contre la guerre au Viet-Nâm, il choisit finalement de
retourner en Afrique du Sud, malgré les difficultés et les incertitudes.
Depuis il enseigne la littérature à l’université du Cap. Après Dusklands,
1974 (Terres de crépuscule, traduit de l’anglais par Catherine Glenn-Lauga,
Le Seuil, 1987, 192 p., épuisé), composé de deux courts romans parallèles (The
Vietnam Project / Le Projet Vietnam et The Narrative of Jacobus Coetze / Le
Récit de Jacobus Coetzee), il publie Au cœur de ce pays, puis En attendant
les Barbares qui rencontrent immédiatement une audience internationale.
« Coetzee refuse d’être enfermé, comme certains romanciers de son pays,
dans l’examen direct et réaliste des conflits nés de l’apartheid. Il se
définit comme “ écrivain occidental vivant en Afrique du Sud ”. Ses récits
sont en dehors de l’histoire ou de toute réflexion dialectique. Chaque
livre subvertit d’une façon différente le genre romanesque qu’il emprunte.
Avec la précision et l’absence de distance d’un journal de bord ou la
narration d’un cauchemar, chaque protagoniste explore les modalités de la
survie individuelle dans un monde où le pouvoir a détruit le sens des mots,
donc toute possibilité de dialogue. Cet ordre violent isole chacun dans un
soliloque, une attente sans but. Le lecteur est pris de malaise dans la
mesure où il s’identifie à ces personnages épris de culpabilité, stériles,
fascinés par les corps souffrants et les abris-tombeaux : une vieille fille
peut-être folle dans une ferme isolée (Au cœur de ce pays), un innocent à
bec-de-lièvre pris dans une guerre civile (Maxwell K., sa vie, son temps),
un magistrat libéral impuissant devant les violences d’une fin d’empire (En
attendant les barbares). Certes ces protagoniste dérisoires, peu héroïques,
évoquent le monde de Kafka, mais d’un Kafka qui aurait été à l’école de
Beckett. Coetzee donne vie et sens à ses personnages impuissants par la
richesse esthétique qu’il confère à son récit, même dans les monologues en
apparence les plus pauvres. Avec son humour sombre, sa maîtrise des
ambiguïtés de la langue et des symboles, il est un narrateur virtuose,
explicite et ironique à la fois. Il sait dire les paysages durs qu’il aime,
mais aussi la mauvaise foi et les angoisses des maîtres du langage, qu’ils
soient représentants du pouvoir ou la conscience libérale. Son œuvre ne
traite pas directement des tensions de l’Afrique du Sud de l’apartheid,
mais ses visions, comme des cauchemars glacés, disent l’humiliation, les
nerfs à vif, l’impossibilité d’un contact avec l’autre qui ne soit viol ou
violence. En linguiste et en sémioticien, il fait aussi de ses œuvres une
réflexion sur le langage et la fiction, mais quoi qu’il en ait, c’est en Sud-Africain qu’il enrichit le roman contemporain en donnant une lecture
post-coloniale et post-moderne du monde. » (Jacqueline Bardolph).
Outre ses romans traduits dans vingt-cinq langues et abondamment primés —
il est le seul écrivain deux fois lauréat du prestigieux Booker Prize — J.
M. Coetzee a également publié des traductions anglaises de textes afrikaans
(Wilma Stockenström) et des essais (White Writing : On the Culture of
Letters in South Africa, 1988 ; Doubling the Point : Essays and Interviews,
éd. David Attwell, 1992 ; Stranger Shores. Essays 1986-1999, 2001).
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ANTHOLOGIE : « Au fond de la chambre noire » (1986), essai traduit de
l'anglais par Jean Sévry dans Afrique du Sud. Ségrégation et littérature,
1989.

Au
cœur de ce pays (In the Heart of the Country, 1976), roman traduit de
l'anglais par Sophie Mayoux, M. Nadeau / Papyrus, 1981 — nouvelle édition
sous le titre Dust, Au cœur de ce pays, M. Nadeau, 1985, 192 p., 54 F —
nouvelle édition : Le Serpent à plumes, « Motifs » n°74, 1999, 224 p.,
35 F.
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En
attendant les barbares (Waiting for the Barbarians, 1980), roman traduit de
l'anglais par Sophie Mayoux, Nadeau, 1982 — nouvelle édition : Le Seuil,
1987, 248 p.,119 F — nouvelle édition : Le Seuil, « Points » n°720, nlle
éd. 2000, 256 p., 45 F.
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Maxwell K.,
sa vie, son temps (Life and Times of Maxwell K, 1983), roman traduit de
l'anglais par Sophie Mayoux, Le Seuil, 1985, 216 p., 130 F — nouvelle
édition : Le Seuil, « Points » n°719, nlle éd. 216 p., 39 F.
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Foe (Foe,
1986), roman traduit de l'anglais par Sophie Mayoux, Le Seuil, 1988,
192 p., 103 F.
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L’Âge de fer
(Age of Iron, 1990), roman traduit de l'anglais par Sophie Mayoux, Le
Seuil, 1992, 224 p., 135 F.
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Le Maître de
Pétersbourg (The Master of Petersburg, 1994), roman traduit de l'anglais
par Sophie Mayoux, Le Seuil, 1995, 248 p., 126 F.
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Scènes de la
vie d’un jeune garçon (Boyhood. Scenes from Provincial Life, 1997), roman
traduit de l'anglais par Catherine Glenn-Lauga, Le Seuil, 1999, 192 p.,
110 F.
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Disgrâce (Disgrace,
2000), roman traduit de l'anglais par Catherine Lauga du Plessis, Le Seuil,
2001, 252 p., 125 F.
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Vers
l'âge d'homme (Youth, 2002),
traduit de l'anglais par Catherine Lauga du Plessis, Seuil, 2003, 19 €

Dust
(Belgique / France, 1985), réalisation : Marion Hänsel ; interprétation :
Jane Birkin, Trevor Howard, John Matshikiza, Nadine Owampa.

André Viola,
J. M. Coetzee, romancier
sud-africain, L’Harmattan, « L’Aire anglophone », 1999, 140 p., 75 F.
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