ANDRÉ BRINK

  (Vrede, État libre d’Orange,1935). « Sa famille, d'origine danoise et hollandaise, s'est installée en Afrique du Sud au XVIIIe siècle. Son père est juge. Son enfance et son adolescence se déroulent dans le milieu fermé et très traditionnel des Afrikaners de province. Il est membre de la plus austère des églises calvinistes et d'un mouvement de jeunesse proche du Broederbond, la Ruiterwag. Il fait des études de lettres à l'université très conservatrice de Porchefstroom, petite ville du Transvaal. Mais en 1959, il vient en France suivre des études à la Sorbonne et les deux années qu'il passe à Paris suffisent à faire s'effondrer toutes (ses) certitudes et toutes (ses) convictions. D'autant qu'au milieu de son séjour, le 21 mars 1960, a lieu le massacre de Sharpeville. La police tire sur des manifestants : soixante-neuf morts et près de deux cents blessés. “ Je suis né sur un banc du Luxembourg, à Paris, au début du printemps 1960 ”, écrira-t-il plus tard. Rentré en Afrique du Sud, il devient un des principaux représentants des Sestigers, la nouvelle génération d'écrivains afrikaners qui se révoltent avant tout contre les thèmes et les structures éculés du roman de langue afrikaans. Mais cela les amène bien sur à se heurter à la plupart des valeurs religieuses et morales de la tradition afrikaner. Et la contestation va vite s'étendre au champ politique. En 1967, André Brink revient à Paris, définitivement, croit-il. Mais les événements de mai 68 l’amènent à une nouvelle réflexion sur la nécessité pour un individu — et un écrivain — d'assumer ses responsabilités dans sa société. Il rentre en Afrique du Sud, et s'engage résolument dans la lutte contre l'apartheid. En 1974, son roman Au plus noir de la nuit est interdit pour pornographie. Une des conséquences de cette interdiction, c'est qu'il traduit lui-même son roman en anglais pour trouver à l'étranger l'audience qu'on lui refuse dans son pays. C’est le début de la reconnaissance internationale. André Brink vit en Afrique du Sud où il est professeur à l'université du Cap. »(Jean Guiloineau, Les Belles Étrangères, 1993.)

Outre de très nombreuses traductions, en afrikaans, de plusieurs langues (anglais, français, espagnol, allemand), André Brink a publié en afrikaans une quarantaine de livres, dont certains non traduits en français : romans (Lobola vir die Lewe, 1962 ; Orgie, 1965 ; Miskien nooit, 1967), pièces de théâtre (Bagasic, 1965 ; Elders mooiveer en warm, 1965 ; Pavane, 1974), critique littéraire (Aspekte van die nuwe prosa, 1967 ; Aspekte van die nuwe drama, 1975 ; Vertelkunde, 1986), récits de voyage (Potpourri, 1962 ; Olé, 1965 ; Midi, 1969 ; Latynse reise, 1991), photographie (Portret van die vrou as ’n meise, 1974), humour (Malstories, 1984). Il a aussi écrit pour le cinéma et la télévision.

* ANTHOLOGIE : « Lendemain de miracle » dans Les Temps Modernes n°585, 1995.

  « Depuis que je suis rentré je me retrouve pris, et plus que jamais, par tout ce qui se passe dans ce pays. Je me suis fait des ennemis, mais aussi des amis merveilleux. J'aime tout particulièrement ces amitiés qui franchissent les barrières artificielles de la race, et qui au fil des ans, sont devenues plus fortes et plus profondes. Cela n'a pas été facile. Toutes les fois que j'ai voulu faire un pas de plus, j'ai dû me battre, non seulement contre l'appareil de l'apartheid et ses ramifications étouffantes, mais aussi contre les forces invisibles qui se dressent dans l'obscurité contre l'écrivain ; des forces que beaucoup d'Afrikaners semblent ignorer, parce qu'ils ne peuvent accepter que “ leur peuple ” s'abaisse à de pareils comportements. On peut retrouver une certaine jouissance à contrer la stratégie du secret en le mettant en plein jour : ce que l'obscurité redoute le plus, c'est la lumière. En soi, cela justifie que l'on ait envie d'écrire, et que l'on continue à écrire. Je suis ici parce que j'ai envie d'être ici, parce que au fond de moi-même, je sais que je dois être ici : j'aime ce pays d'un amour profond et farouche, et ne pas être ici, ce serait connaître une mort spirituelle. Je sens que je me situe, que c'est une expérience au sens le plus fort du terme et que cela n'a rien à voir avec le fait “ d'être dans le système ”. En fait, ce n'est pas seulement en se situant, mais en étant sur place, dans toute la mesure du possible, que l'on peut être sûr que ce système va être dénoncé, contré, et enfin de compte, ébranlé : au nom de cette vérité que tous les écrivains recherchent, de cette liberté qui ne peut naître que d'une révolte contre l'absence de liberté, et de cette justice dont encore tout enfant j'ai eu une vision, sur la pointe des pieds, qui n'a jamais pu s'effacer. À condition que l'on se voue entièrement à un besoin de la revendiquer, de la revendiquer encore et toujours, inlassablement. »
(Extrait de Sur un banc du Luxembourg, 1983, traduit par Jean Guiloineau. © Éditions Stock.)

  L’Ambassadeur (Die Ambassadeur, 1964 / File on a Diplomat, 1967; réédition sous le titre The Ambassador, 1985), roman traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1986, 342 p., 120 F.

  Au plus noir de la nuit (Kennis van die Aand, 1973 / Looking on Darkness, 1974), roman traduit de l'anglais par Robert Fouques-Duparc, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1976, 440 p., 110 F — nouvelle édition : L. G. F., « Le Livre de poche »n° 5099, 1978, 42 F.

  Un instant dans le vent (‘n Oomblik in die wind,1976 / An Instant in the Wind, 1978), roman traduit de l'anglais par Robert Fouques-Duparc, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1978, 324 p., 98 F — nouvelle édition : L. G. F., « Le Livre de poche »n°5998, 1985, 350 p., 33 F.

  Rumeurs de pluie (Gerugte van reën / Rumours of Rain, 1978), roman traduit de l'anglais par Robert Fouques Duparc, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1979, 364 p., 110 F.

  Une saison blanche et sèche (‘n Droë wit Seisoen / A Dry White Season, 1979), roman traduit de l'anglais par Robert Fouques-Duparc, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1980 — nouvelle édition : 1989, 372 p., 120 F — nouvelle édition : L. G. F., « Le Livre de poche » n°5638, 1982 / nouvelle édition : 1992 : préface, documentation, notes, commentaires et glossaire par Ann Wakefield et Gilbert Pestureau, 429 p., 36 F.
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  Un turbulent silence (Houd-den-beck / A Chain of Voices, 1982), roman traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1982, 608 p., 110 F — nouvelle édition : L. G. F., « Le Livre de poche » n°5768, 1983, 608 p., 40 F — nouvelle édition : Stock, « Bibliothèque cosmopolite », 1991, 608 p., 40 F.

  Sur un banc du Luxembourg : essais sur l’écrivain dans un pays en état de siège (1982 / Mapmakers : Writing in a State of Siege, 1983), traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Stock, 1983, 272 p., 98 F.

  Le Mur de la peste (Die muur van die pes, 1983 / The Wall of the Plague, 1984), roman traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1984, 460 p., 120 F — nouvelle édition : Stock, « Bibliothèque cosmopolite », 1991, 544 p., 60 F.

  États d’urgence : notes pour une histoire d’amour (1987 / States of Emergency, 1988), roman traduit de l'anglais par Michel Courtois-Fourcy, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1988, 396 p., 120 F — nouvelle édition : L. G. F., « Le Livre de poche » n°6712, 1990, 376 p., 36 F.

  Un acte de terreur (An Act of Terror, 1991), roman traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1992, tome 1 : Nina, 564 p. ; tome 2 : Lisa, 674 p. — nouvelle édition : L. G. F., « Le Livre de poche » n°9591, 1993, 989 p., 60 F.

  Adamastor (The First Life of Adamastor, 1993), roman traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1993, 89 F — nouvelle édition : L. G. F., « Le Livre de poche » n°13768, 1995, 116 p., 20 F.

  Tout au contraire (On the Contrary, 1994), roman traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1994, 140 F — nouvelle édition : L. G. F., « Le Livre de poche » °14020, 1996, 410 p., 40 F.

  Les Imaginations du sable (Sandkastele, 1995 / Imaginings of Sand, 1996), roman traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1996 — nouvelle édition : L. G. F., « Le Livre de poche » n°14267, 1997, 506 p., 44 F.

  Retour au Luxembourg. Littérature et politique en Afrique du Sud (1982-1998) (Reinventing a Continent, 1998), essais traduits par Jean Guiloineau, préface de Nelson Mandela, Stock, « Documents », 1999, 350 p., 125 F.

  Le Vallon du Diable (Devil’s Valley, 2000), roman traduit de l'anglais par Bernard Turle, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1999, 528 p., 149 F.

  Les Droits du désir (The Rights of Desire, 2000), roman traduit de l'anglais par Bernard Turle, Stock, « La Cosmopolite », 2001, 456 p., 145 F.
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  Une saison blanche et sèche (A Dry White Season, 1989) ; production : M. G. M. / U. A. ; réalisation : Euzhan Palcy ; interprétation : Donald Sutherland, Susan Sarendon, Zakes Mokae; Janet Suzman, Marlon Brando.

 


 

                                       

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