Newsletter







Identifiez-vous




La librairie

    • La librairie Compagnie
    • 58, rue des Ecoles
      75005 Paris
    • Téléphone
    • 01 43 26 45 36
    • Fax
    • 01 46 34 63 37
    • Horaires
    • du lundi au samedi de 10h30 à 20h15

Vous êtes ici : Accueil > L'actualité

L'actualité de la librairie

Les événements

Le billet de la librairie

  • Résister sous le Troisième Reich ?

    Dans le vaste champ de la recherche historique sur le Troisième Reich, la Résistance a souvent été occultée. Mal connue ou limitée à des figures héroïques comme la Rose blanche,  elle fait l’objet depuis quelques années d’un renouvellement historiographique : de nouvelles pistes s’ouvrent aux historiens, contribuant à affiner notre vision des années noires de l’Allemagne au XXè siècle.

    Ainsi de l’étude pionnière et novatrice de Vincent Platini qui montre dans “Lire, s’évader, résister” comment des formes de résistance avant tout culturelles et souvent subversives ont perduré sous la dictature. Dans cette perspective, le cinéma et la littérature populaire, considérés   uniquement comme des outils de propagande, ont aussi agi comme des contrepoisons à la barbarie ambiante. Loin d’être une simple illustration de l’idéologie, la culture de masse permet alors à l’historien d’appréhender le Troisième Reich dans toute sa complexité en montrant comment les individus détournent et subvertissent le divertissement populaire pour en faire le creuset d’une dissidence voilée.

    Les romans policiers rassemblés dans l’anthologie “Krimi” sont à cet égard exemplaires de cette micro-résistance et surtout révélateurs des failles d’un système politique oppressif. Toutes ces oeuvres réputées mineures et souvent méprisées ont fait entendre une autre voix au sein de l’Allemagne nazie. Si certains écrivains continuent de louer l’efficacité de la police, d’autres déjouent la censure de manière inattendue en situant par exemple leurs intrigues en dehors des frontières nationales. Sans prétendre vouloir renverser le pouvoir en place, ces romans détournaient insidieusement la population de la ligne officielle du régime, révélant un hiatus entre l’image d’un peuple façonnée par l’idéologie nazie et les pratiques quotidiennes.

    En contrepoint de cette discordance, “Après minuit”, le roman de l’écrivain allemand Irmgard Keun paru pour pour la première fois en 1937, apparaît comme un témoignage saisissant d’une montée des périls sur fond de divertissement et de liesse populaires. Nous sommes à  Francfort en 1936 et Suzon, l’héroine, découvre une foule fièvreuse et docile s’apprêtant à accueillir le Führer. Toute la force et l’originalité de ce roman est de mettre en scène des jeunes gens   perdus et déboussolés dans une sociéte qu’ils ne parviennent pas vraiment à déchiffrer et dont ils épousent, par complaisance ou désoeuvrement, la nouvelle doctrine. Ingénue et clairvoyante, Suzon décrit par petites touches cette Allemagne en plein bouleversement où l’on continue à s’amuser dans les rues et les brasseries alors que l’antisémitisme connaît une montée fulgurante et que la parole est de plus en plus muselée. Tout est raconté avec une sorte d’allégresse et de naïveté qui ne fait que ressortir davantage la noiceur du tableau de cette Allemagne cauchemardesque des années 30, faisant d’”Après minuit” un grand roman subversif et politique de l’époque.

    29 juin 2014 Partager

    >> Voir la liste des billets publiés

Le billet de la librairie

  • Résister sous le Troisième Reich ?

    Dans le vaste champ de la recherche historique sur le Troisième Reich, la Résistance a souvent été occultée. Mal connue ou limitée à des figures héroïques comme la Rose blanche, elle fait l’objet depuis quelques années d’un renouvellement historiographique : de nouvelles pistes s’ouvrent aux historiens, contribuant à affiner notre vision des années noires de l’Allemagne au XXè siècle.

    29 juin 2014

    >> Lire la suite

Facebook