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  • De la poésie objectiviste ou la quête du réel

    “Par le terme objectivistes, je suppose qu’on peut qualifier un écrivain qui n’écrit pas directement sur ses sentiments mais sur ce qu’il voit et ce qu’il entend ; qui se restreint presque au témoignage devant une cour d’assises ; et qui exprime ses sentiments indirectement par le choix de son sujet”. C’est ainsi que Charles Reznikoff, l’un des poètes américains majeurs du XXié siècle définissait sa démarche poétique et celle du courant dit “objectiviste” auquel il était affilié avec Louis Zukofsky, George Oppen et Carl Rakosi.

    Cette génération de poètes apparue dans les années 20 évoque peu de choses au public français. D’où l’intérêt de l’ouvrage collectif “Des objectivistes au Black Mountain college” qui peut se lire comme une invitation à découvrir ce courant de la poésie américaine et propose une présentation synthétique de la vie et de l’oeuvre de ses principaux représentants. A la différence de la France où la poésie est souvent associée à des mouvements tels que le Romantisme ou le Surréalisme, la poésie américaine est avant tout marquée par des individualités fortes qui se retrouvent autour de préoccupations communes : ainsi du souci de témoigner du réel le plus précisément possible et d’éviter toute métaphore qui pourrait en obscurcir le sens.

    Aucun manifeste ou déclaration de principe n’a soudé ces écrivains qui ont plutôt formé un groupe informel lié par des admirations communes comme celle d’Ezra Pound et ont longtemps publié de manière confidentielle voire clandestine. L’un des rares textes théoriques qui nous soit parvenu est celui de Charles Reznikoff publié aujourd’hui sous le titre “D’abord, il y a nécessité”. Retrouvé dans ses papiers après sa mort, c’est un commentaire passionnant sur son chef d’oeuvre “Témoignage, Les Etats-Unis (1885-1915)”. Avec ce long poème qu’il définissait comme un récitatif, le document juridique fait son entrée en poésie. A travers des rapports d’audience de tribunaux portant aussi bien sur des conflits de voisinage que sur des faits divers sordides, Reznikoff opère un subtil travail de montage pour nous faire entendre   la voix de ces anonymes balayées par l’Histoire. Face à ces documents, le poète s’efface afin de faire émerger l’émotion et de dévoiler dans le réel des liaisons inaperçues ou occultées.

    La même démarche anime le roman à la forte tonalité autobiographique “Sur les rives de Manhattan”. Charles Reznikoff y relate la vie de sa mère, Sarah Yetta Volsky, dans la Russie de la fin du XIXe siècle, une vie marquée par la misère et la menace permanente des persécutions antisémites. En parallèle, Reznikoff raconte l’histoire d’Ezechiel, le fils de Sarah, jeune homme rêveur quasiment indifférent à la vie de labeur menée par ses parents et qui souhaite ouvrir une librairie à New York. Tout est ici raconté avec une simplicité et une économie de moyens qui rendent ce roman d’autant plus poignant et émouvant : il suffit d’un détail pour camper un personnage, traduire une atmosphère ou évoquer un lieu. Aucun lyrisme, pas de métaphores, seul le réel dans toute son évidence et son opacité.

    8 novembre 2014 Partager

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  • De la poésie objectiviste ou la quête du réel

    “Par le terme objectivistes, je suppose qu’on peut qualifier un écrivain qui n’écrit pas directement sur ses sentiments mais sur ce qu’il voit et ce qu’il entend ; qui se restreint presque au témoignage devant une cour d’assises ; et qui exprime ses sentiments indirectement par le choix de son sujet”. C’est ainsi que Charles Reznikoff, l’un des poètes américains majeurs du XXié siècle définissait sa démarche poétique et celle du courant dit “objectiviste” auquel il était affilié avec Louis Zukofsky, George Oppen et Carl Rakosi.

    8 novembre 2014

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