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La librairie

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L'actualité de la librairie

Les événements

Les rencontres dédicaces

  • Jeudi 8 septembre à 18h30

    Rencontre avec Laurent GAUDÉ pour son roman "Écoutez nos défaites" aux Editions Actes Sud (parution le 17/08)

  • Lundi 12 septembre à 19h30

    Rencontre avec Salman RUSHDIE pour son roman "Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits" aux Edtions Actes Sud (parution le 07/09)

  • Mercredi 14 septembre à 18h30

    Rencontre avec Philippe FOREST pour son roman "Crue" aux Editions Gallimard (parution le 18/08)

  • Jeudi 15 septembre à 18h30

    Rencontre avec Laurent MAUVIGNIER pour son roman "Continuer" aux Editions de Minuit (parution le 01/09)

  • Mardi 20 septembre à 18h30

    Rencontre autour de la Rentrée des Editions Verticales avec François BÉGAUDEAU pour son roman "Molécules" (parution le 18/08) et Elitza GUEORGUIEVA pour son roman "Les cosmonautes ne font que passer" (parution le 25/08)

  • Jeudi 22 septembre à 18h30

    Rencontre avec Éric VUILLARD pour son roman "14 juillet" aux Editions Actes Sud (parution le 17/08)

  • Mercredi 28 septembre à 18h30

    Rencontre avec Frédéric GROS pour son roman "Possédées" aux Editions Albin Michel (parution le 17/08)

  • Jeudi 29 septembre à 18h30

    Rencontre avec Ivan JABLONKA pour son ouvrage "Laetitia ou la fin des hommes" aux Editions du Seuil (parution le 25/08)

  • Mardi 4 octobre à 18h30

    Rencontre avec Arlette FARGE pour son ouvrage "Les mésaventures de Mme Montjean : l'histoire d'un couple d'artisans au siècle des lumières" aux Editions Albin Michel (parution le 01/09)

  • Jeudi 6 octobre à 18h30

    Rencontre avec Éric FAYE pour son roman "Éclipses japonaises" aux Editions du Seuil (parution le 18/08)

Le billet de la librairie

  • Lettres noires : des ténèbres à la lumière

    Lettres noires : des ténèbres à la lumière : tel est l’intitulé de la leçon inaugurale qu’Alain Mabanckou a prononcée le 17 Mars dernier au Collège de France. Dans les cours et séminaires qu’il donne actuellement, l’auteur de “Verre cassé” et de “Mémoire de porc-épic” (Prix Renaudot 2006) s’attache à retracer l’émergence et l’affirmation de la littérature africaine d’expression française. Aucune complaisance pour “Le sanglot de l’homme noir”, aucun communautarisme dans cette démarche qui vise avant tout à montrer la richesse et la complexité d’une littérature qui fait pleinement partie de “La République mondiale des lettres”.

    Cet essor des lettres noires a été indissolublement lié à une réflexion  philosophique et politique qui a marqué la pensée du XXè siècle. Frantz Fanon, l’une des figures majeures de ce courant avec “Peau noire, masques blancs”, Edouard Glissant et son “Discours Antillais”, William Edward Burghart du Bois et “Les âmes du peuple noir” ou encore Paul Gilroy et son désormais classique “Atlantique noir”, ont largement contribué à réfléchir sur l’identité d’”un peuple” et sa pensée sans pour autant rompre avec une tradition qui se veut universelle.

    Si “Sortir de la grande nuit : essai sur l’Afrique colonisée” d’Achile Mbembe apparaît comme un titre programmatique, il révèle aussi combien la littérature africaine a été mêlée à ses débuts à la littérature coloniale tels que les récits d’explorateurs et d’aventure souvent teintés d’exotisme. Les premières critiques vont venir paradoxalement d’écrivains occidentaux qui, sans remettre en cause radicalement la colonisation, en dénoncent les abus et perversions : du “Voyage au Congo” d’André Gide à “Terre d’ébène” d’Albert Londres et “L’Afrique fantôme” de Michel Leiris, certains écrivains font entendre une autre voix que celle du colonisateur et contribuent à donner une épaisseur, un visage à ce qui n’apparaissait que de manière un peu floutée auparavant.

    C’est René Maran avec “Batouala, roman nègre”, prix Goncourt en 1921 qui marque un “moment clé de l’essor des lettres africaines” selon Alain Mabanckou. Même si René Maran témoigne d’une certaine ambivalence à l’égard du système colonial français, Léopold Sédar Senghor reconnaîtra qu’il avait été le premier à “exprimer l’âme noire avec un style nègre en français”.

    Il faudra attendre en revanche le milieu du XXè siècle pour que la littérature africaine prenne son véritable essor, avec des poètes de la négritude tels que Léon-Gontran Damas et Aimé Césaire dont le “Cahier du retour au pays natal”, texte manifeste, a été salué en son temps par André Breton. Viendront ensuite Ferdinand Oyono “Une vie de boy”, Sembène Ousmane considéré comme le Zola africain avec “Les bouts de bois de Dieu”, Hamidou Cheikh Kane “L’aventure ambigue” et Camara Laye “L’enfant noir”, tous ces écrivains s’affranchissant des codes du roman colonial et donnant désormais une voix singulière à la littérature africaine.

    A partir des années 70, une nouvelle génération, issue pour beaucoup des luttes coloniales, va insuffler un second souffle à cette jeune littérature. Des écrivains comme Sony Labou Tansi et son chef d’oeuvre “La vie et demie”, Mongo Beti, grande figure tutélaire des lettres africaines, Tierno Monénembo, Henri Lopes ou encore Ahmadou Kourouma et son célèbre “Soleils des indépendances” vont explorer de nouveaux chemins, entre une “néo-négritude” se confondant avec un africanisme identitaire et inflexible et d’autre part un “afro-pessimisme” marqué par une profonde désillusion à l’égard de la décolonisation qui aurait remplacée le colon blanc par le dictateur noir.

    Qu’il s’agisse de Boubacar Boris Diop , d’Abdourahman Waberi, il appartient désormais aux écrivains africains d’aujourd’hui de penser et de vivre leur identité artistique en pleine lumière.

    Tous selon Alain Mabanckou apprtiennent à cette “génération d’écrivains qui brisent les barrières, refusent la départementalisation de l’imaginaire parce qu’ils sont conscients que notre salut réside dans l’écriture, loin d’une fraternité définie par la couleur de peau ou la température de nos pays d’origine”.

    27 mai 2016 Partager

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Le billet de la librairie

  • Lettres noires : des ténèbres à la lumière

    Lettres noires : des ténèbres à la lumière : tel est l’intitulé de la leçon inaugurale qu’Alain Mabanckou a prononcée le 17 Mars dernier au Collège de France. Dans les cours et séminaires qu’il donne actuellement, l’auteur de “Verre cassé” et de “Mémoire de porc-épic” (Prix Renaudot 2006) s’attache à retracer l’émergence et l’affirmation de la littérature africaine d’expression française.

    27 mai 2016

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