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La librairie

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L'actualité de la librairie

Les événements

Les rencontres dédicaces

  • Vendredi 12 février à 18h30

    Rencontre avec Giancarlo De CATALDO pour "Suburra" aux Editions Anne-Marie METAILIE. Rencontre animée par Damien Aubel

    SUBURRA
    DE CATALDO GIANCARLO / BONINI CARLO : SUBURRA (METAILIE - )

    Prix : 23.00 €

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  • Jeudi 18 février à 18h30

    Rencontre et lecture croisée avec Nathalie AZOULAI pour "Titus n'aimait pas Bérénice" et Patrick LAPEYRE pour "La splendeur dans l'herbe" aux Editions P.O.L.

    TITUS N'AIMAIT PAS BERENICE
    AZOULAI NATHALIE : TITUS N'AIMAIT PAS BERENICE (POL - )

    Prix : 17.90 €

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    LA SPLENDEUR DANS L'HERBE
    LAPEYRE PATRICK : LA SPLENDEUR DANS L'HERBE (POL - )

    Prix : 19.80 €

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  • Mardi 8 mars à 18h30

    Rencontre avec Jean-Paul KAUFFMANN pour "Outre-terre" aux Edtions Des Equateurs (parution le 18/02/16)

  • Jeudi 10 mars à 18h30

    Rencontre avec Alain SUPIOT autour de son ouvrage "La gouvernance par les nombres" et de sa collection "Poids et mesures du monde" aux Editions Fayard

    LA GOUVERNANCE PAR LES NOMBRES
    SUPIOT ALAIN : LA GOUVERNANCE PAR LES NOMBRES (FAYARD - )

    Prix : 22.00 €

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  • Mardi 15 mars à 18h30

    Rencontre avec Raphaël JESUSALMY pour son roman "Les obus jouaient à pigeon-vole" aux Editions Bruno Doucey (parution le 19/02)

  • Mardi 22 mars à 18h30

    Rencontre avec Pierre BERGOUNIOUX pour "Carnets de notes, journal 2011-2015" aux Editions Verdier

Le billet de la librairie

  • Le Pays de la peur

    Dans son ouvrage “La peur en occident”, Jean Delumeau écrit : “Qu’il y ait ou non en notre temps sensibilité plus grande à la peur, celle-ci est une composante majeure de l’expérience humaine, en dépit des efforts tentés pour la dépasser.” De ces travaux précurseurs, peinture sans précédent de l’évolution des émotions dans nos sociétés occidentales, à la peur comme idée politique, cette notion d’effroi ne cesse de nous définir, et finit par submerger sentiments et réflexion.

    On ne peut raisonnablement plus considérer la peur comme quelque chose d’irrationnel. Historiens, philosophes et politologues nous montrent à quel point celle-ci est devenue consciente et combien nous sommes capables d’en analyser les ressorts.

    Avec “Conjurer la peur” ou “L’exercice de la peur”, son dialogue croisé avec Robin Corey, Patrick Boucheron aborde les tenants d’une peur indissociable du champ politique. Une peur qui se contient, se manipule, et devient le véritable marqueur de l’autorité et du pouvoir. Il note ainsi : “Ce dont il est question ici, c’est bien la façon dont, une fois la peur désignée (...), cette dernière s’installe, s’étend et déborde de la cible même que le gouvernement lui a assignée. Ceci n’est évidemment rien d’autre que le mot d’ordre de tous les dirigeants dans l’histoire du monde : faire peur, à défaut de faire croire - sans jamais rien faire comprendre : assurément le meilleur moyen pour se faire obéir.”

    La peur devient multiple, exponentielle. Elle gangrène peu à peu nos sociétés et nous tend un miroir déformant dans lequel, par peur encore ou par ignorance, nous nous complaisons à nous reconnaître. Clément Rosset dans “Le philosophe et les sortilèges” pointait déjà ce mal qui nous ronge, à savoir notre refus de nous confronter au réel. Et c’est dans un roman envoûtant, "Le pays de la peur", que Isaac Rosa nous décrit l’implacable engrenage de la peur, jusqu’à l’irréparable, une peur que nous construisons volontairement tel un édifice, car “chaque nouvelle brique s’ajoute aux précédentes, les peurs se cumulent, les plus anciennes ne disparaissent jamais.”

    De cette “Ère de l’épouvante” telle que la définit Wolfgang Sofsky, nous entrons à présent dans un processus sécuritaire qui nous échappe, résultat d’une inquiétude ou d’une angoisse qui devient collective. Omniprésente, la figure de l’ennemi s’impose comme un véritable syndrome, dont le pouvoir politique s’empare et se repaît, comme nous le rappellent Mathieu Rigouste avec “L’ennemi intérieur” ou encore Claire Rodier avec “Xénophobie business”. Entre sécurité et paranoïa, les États réagissent dans l’urgence d’un évènement, d’une catastrophe, un manque de recul que Dominique Moïsi analyse quant à lui dans “Géopolitique de l’émotion”.

    Mais c’est à Zygmunt Bauman dans “Le présent liquide” qu’il revient de définir l’impasse dans laquelle nous nous engageons massivement quand il écrit : “Ayant fondé sa raison d’être et son exigence d’obéissance de la part des citoyens sur la promesse de protéger ses sujets contre ce qui menace leur existence, mais incapable de continuer à tenir ses promesses (...), l’État se voit contraint de mettre l’accent en matière de “protection” non plus sur ce qui menace la “sécurité sociale”, mais sur ce qui met en péril la “sécurité personnelle”.”

    La France a peur” : cet adage représentatif de nos sociétés anxiogènes et médiatiques génère aujourd’hui un état d’alerte permanent dont nous ne pouvons encore mesurer les conséquences. Un état d’urgence comme reflet de nos incertitudes.

    18 janvier 2016 Partager

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  • Le Pays de la peur

    Dans son ouvrage “La peur en occident”, Jean Delumeau écrit : “Qu’il y ait ou non en notre temps sensibilité plus grande à la peur, celle-ci est une composante majeure de l’expérience humaine, en dépit des efforts tentés pour la dépasser.” De ces travaux précurseurs, peinture sans précédent de l’évolution des émotions dans nos sociétés occidentales, à la peur comme idée politique, cette notion d’effroi ne cesse de nous définir, et finit par submerger sentiments et réflexion. On ne peut raisonnablement plus considérer la peur comme quelque chose d’irrationnel. Historiens, philosophes et politologues nous montrent à quel point celle-ci est devenue consciente et combien nous sommes capables d’en analyser les ressorts.

    18 janvier 2016

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